Des milieux de travail qui favorisent l'épanouissement luttent contre l'impôt émotionnel pour les personnes de couleur au Canada
3 min read
| Published on
Résumé exécutif
Les personnes de couleur au Canada représentent plus de 21 % de la population et presque 22 % de la main-d'œuvre. Les entreprises canadiennes qui souhaitent prospérer doivent améliorer leur capacité à attirer et à développer cette population croissante de travailleurs. Plus important encore, elles doivent apprendre à retenir les personnes de couleur — un défi de taille, car une étude a révélé que le Canada a le quatrième taux de rotation des employés le plus élevé au monde, avec une moyenne de 16 %.
Dans notre étude portant sur plus de 700 femmes et hommes de couleur canadiens, nous avons découvert une histoire inquiétante concernant l'impôt émotionnel et l'attrition conséquente. L'impôt émotionnel — que nous avons décrit pour la première fois en 2016 — est la combinaison du sentiment d'être différent de ses pairs au travail à cause du genre, de la race et/ou de l'origine ethnique, d’être sur ses gardes face aux expériences de préjugés, et des effets associés sur la santé, le bien-être et la capacité à s’épanouir au travail. Dans ce rapport, nous nous concentrons sur le principal composant de l'impôt émotionnel : être « sur ses gardes » — anticiper et se préparer consciemment à un potentiel de préjugés ou de discrimination.
Au Canada, nous avons découvert que les professionnels noirs, asiatiques de l'Est et sud-asiatiques qui sont fortement sur leurs gardes ont une intention dangereusement élevée de quitter leur emploi, allant de 50 % à 69 %. Mais nous avons également trouvé une manière dont les employeurs canadiens peuvent commencer à contrer ce chiffre alarmant : en créant des environnements de travail favorables à leurs employés.
Principaux constats
Être « sur ses gardes » est une expérience partagée.
- 33 % à 50 % des professionnels noirs, asiatiques de l'Est et sud-asiatiques déclarent être fortement sur leurs gardes pour se protéger contre les préjugés.
- Dans des entrevues approfondies, 77 % des femmes et hommes de couleur ont partagé des histoires éprouvantes d'exclusion et d’être sur leurs gardes. Dans de nombreux cas, ces histoires n'ont été révélées qu'après plusieurs questions — indiquant l'importance d'aller au-delà des apparences pour mieux comprendre les expériences des personnes de couleur.
- Même lorsqu'elles sont sur leurs gardes, les personnes de couleur canadiennes ont une forte motivation pour contribuer et réussir.
L'impôt émotionnel est lié au problème de rétention au Canada.
- 50 % à 69 % des professionnels noirs, asiatiques de l'Est et sud-asiatiques qui sont fortement sur leurs gardes contre les préjugés ont une forte intention de quitter leur emploi.
L'impôt émotionnel est associé à des menaces pour la santé et le bien-être.
- 22 % à 42 % des professionnels noirs, asiatiques de l'Est et sud-asiatiques qui sont fortement sur leurs gardes contre les préjugés déclarent des taux élevés de problèmes de sommeil.
Les dirigeants qui créent des environnements de travail favorisant le soutien des personnes de couleur peuvent encourager l'intention de rester en s'assurant qu'elles se sentent valorisées pour leur unicité.
Comment citer : Jennifer Thorpe-Moscon, Alixandra Pollack et Olufemi Olu-Lafe, Des milieux de travail qui favorisent l'épanouissement luttent contre l'impôt émotionnel pour les personnes de couleur au Canada (Catalyst, 2019).